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Des jeux vidéo dans la salle de cinéma

3 questions à Kino Games

24/03/2026

Fort de son expérience dans les industries créatives avec sa société Spielfabrique, Thierry Baujard a lancé il y a 2 ans le projet pilote Kino Games. Avec le soutien d’Europe Créative, Kino Games vise à animer les salles de cinéma en favorisant la mise en œuvre d’expériences collectives adressées autant aux gamers qu’aux cinéphiles. C’est l’occasion de rappeler que le projet recherche de nouveaux cinémas partenaires.

Des jeux vidéo dans la salle de cinéma

Quel a été le développement de votre activité ?

A partir de notre expertise dans le jeu vidéo, nous proposons la mise en place d’activités récurrentes, dans la salle de cinéma, pour diversifier ses publics et l’expérience du spectateur.

Kino Games réunit un festival et six cinémas européens (dont deux membres Europa Cinemas, Quai 10 à Charleroi et Votiv Kino à Vienne). Développé à partir de l’Allemagne et encadré par Futura Cinéma pour la France, il a été présenté à la Conférence Europa Cinemas de Vilnius fin 2024.

En plus de nos premiers partenaires, nous aimerions toucher en 2026 une dizaine de salles indépendantes en Europe, au-delà de l’intérêt déjà déclaré par plusieurs chaînes, qui ont une approche plus commerciale. Il y a une communauté de valeurs avec les salles indépendantes.

Quelle est votre proposition aux salles ?

Nous avons constitué un catalogue très varié pour lesquels, en travaillant avec leurs éditeurs, nous avons conclu des accords de licence. Ces jeux, une quarantaine et principalement des jeux indépendants européens de grande qualité, pas toujours connus du grand public, sont mis à disposition des cinémas, via une plateforme et une catégorisation fine, notamment par catégories d’âges. Nous faisons la curation, nous pouvons conseiller les cinémas.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas de e-sport. Notre proposition est plus communautaire, plus « fun ». Le public peut bouger dans la salle, la lumière reste allumée.

Il ne s’agit pas non plus d’une proposition à visée pédagogique, même si la cible est plutôt jeune, les 16-30 ans. L’âge moyen des joueurs de jeux vidéo est d’environ 30 ans.

Notre proposition peut aussi rencontrer la programmation cinéma de la salle : un film d’horreur peut être mis en relation avec une action autour d’un jeu vidéo d’horreur, par exemple.

Quel message souhaitez-vous adresser aux salles intéressées ?

Notre but n’est pas de faire de l’événementiel mais plutôt que l’activité mise en place soit récurrente. Le modèle que nous proposons est simple. L’aspect technique est minime, à part l’achat d’un laptop et de manettes. Notre modèle économique nous semble aussi adapté au plus grand nombre, basé sur un partage du prix du billet comme dans la distribution des films. Ainsi, les freins semblent faciles à franchir.

Du côté de la salle, sa mission est de définir l’action, en termes de cible et d’horaires. Les cinémas se saisissent des jeux et peuvent proposer d’autres activités. L’une d’entre elles organise des conférences. Une autre des quizz. Il y a des séances familiales.

L’enjeu pour la salle est notamment de faire venir des publics qui ne la connaissent pas forcément, les gamers de la région, grâce à des relais locaux et aux outils marketing. Un animateur (interne ou externe) est quasi nécessaire à la mise en place. Or notre proposition fédère les équipes des cinémas, dans lesquels se trouvent des cinéphiles qui sont aussi des gamers. C’est un outil de motivation interne et d’image et certains cinémas participants indiquent désormais l’action dans leurs annonces de recrutement.

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Contacts:  www.kinogames.eu

Thierry Baujard - thierry@spielfabrique.eu

Emma Dauphin – emma@spielfabrique.eu

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Image: Chained Together, FEFFS 2025, au Cosmos, Strasbourg

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