Le 10ème Festival International du Film de Sofia aura lieu du 9 au 19 mars prochains. Ce festival, qui a lieu traditionnellement dans plusieurs salles membres du réseau Europa Cinemas, présente d’une part la production bulgare récente aux festivaliers internationaux, mais fait aussi la part belle au cinéma européen : la compétition internationale, réservée à des premiers et seconds films, présente souvent une majorité de films européens et une section, European Screen, lui est dédiée. Ces deux dernières années,
Adam & Paul (Lenny Abrahamson, IE),
Mar Adentro (Alejandro Amenabar, ES) ou encore
Reconstruction (Christoffer Boe, DK) ont notamment été primés.
Stefan Kitanov est le directeur du festival, qu’il nous présente ici. Avec sa société Art fest Ltd., coproductrice du festival, il est aussi exploitant de la salle
Dom na Kinoto à Sofia (Cinema House, membre d’Europa Cinemas), distributeur (
Young Adam en 2004,
5x2 en 2005) et producteur de films (il a récemment produit le court métrage bulgare du film
Lost and Found, composé de 6 courts métrages d’Europe centrale et orientale, sorti dans les salles allemandes le 12 janvier).
Comment vont les salles de cinéma bulgares ? Elles ne sont pas dans une bonne situation. Le pays compte seulement une centaine de salles. 5 à 10 salles sont considérées comme art et essai… Heureusement, certaines personnes ont la volonté de défendre le cinéma européen : quelques sociétés de distribution le font, des salles à écran unique sont soutenues et des festivals ont lieu. Le pays participe au programme MEDIA, ce qui aide les distributeurs bulgares à affirmer leur présence.
Pouvez-vous nous présenter le Festival international de Sofia ? Le Festival International du Film de Sofia a lieu chaque année. D’un côté, il présente des films étrangers au public bulgare. De l’autre, il projette les nouveaux films bulgares et des Balkans au public étranger. La plupart des films présentés sont européens (plus de 75%) et indépendants. Les réalisateurs viennent présenter leurs films. Nous invitons en outre les directeurs et programmateurs de festival internationaux, susceptibles de sélectionner de nouveaux films bulgares et de la région pour leurs événements.
Nous avons également créé
Sofia Meetings, un forum de coproduction qui vise à développer des projets de seconds longs métrages et à améliorer la promotion des films bulgares et des Balkans.
Chaque année, nous essayons d’amener davantage de spectateurs à s’intéresser au cinéma européen. Nous favorisons les rencontres, encourageons les gens à voir les œuvres des autres, à partager des expériences et des idées.
Quelle place occupe le festival de Sofia parmi les festivals d’Europe de l’est ? Sofia est membre de CentEast, alliance des principaux festivals de films d’Europe centrale et orientale. Nous avons de bonnes relations avec la plupart des événements cinématographiques de la région, tels Varsovie, Karlovy Vary, Moscou, Belgrade, Thessalonique, Cluj, Kiev, Linz, Ljubljana, Skopje, Cottbus, Tallinn, etc.
A votre avis, certains films bulgares récents ont-ils une chance d’être distribués à l’étranger ? Le cinéma bulgare rencontre des difficultés à l’exportation, mais le niveau des films s’améliore. Ces 5 dernières années, de nombreux films bulgares ont été primés dans les festivals internationaux. Citons
Lady Z (
Leydi Zi) de Georgy Djulgerov,
Mila from Mars (
Mila ot Mars) de Zornitsa Sophia,
Stolen Eyes (
Otkradnati ochi) de Radoslav Spassov,
Rhapsody in White (
Rapsodiya v byalo) de Tedi Moskov,
Under the Same Sky (
Pod edno nebe) de Krassimir Krumov,
Whose is This Song? (
Chia e tazi pesen?) de Adela Peeva,
Georgi and the Butterflies (
Georgi I peperudite) de Andrei Paunov,
Bread over the Fence (
Hlyab nad ogradata) et
Alphabet of Hope (
Azbuka na nadejdata) de Stephan Komandarev.
Plus généralement, que pensez-vous des films des Balkans et d’Europe de l’est ?Ces films sont très énergiques et présentent une esthétique qui leur est propre. J’aime beaucoup ces films et j’espère qu’ils intéresseront bientôt les spectateurs.
Site Internet :
www.cinema.bg/sff/Entretien réalisé par Jean-Baptiste Selliez