Un million de spectateurs depuis sa sortie début mars : 1 Tchèque sur 10 a été voir
Empties de Jan Sverak, ce qui en fait dores et déjà lŽun des plus grands succès du cinéma tchèque.
A vrai dire, ce succès pourrait ne pas surprendre, le cinéma tchèque affichant souvent, en son pays, lŽune des meilleures parts de marché du cinéma national en Europe avec ses homologues français et danois. Mais il y a au moins deux raisons de relever les résultats de ce nouveau film des Sverak père et fils (le père Zdenek écrit et interprète sous la direction de son fils Jan).
DŽune part, du point de vue des seuls chiffres, le film a battu le record du premier week-end pour une production tchèque et se rapproche du record de fréquentation établi par le film à grand budget
Dark Blue World, du même Jan Sverak, en 2001 (1,2 million dŽentrées). DŽautre part, les Sverak sont déjà (relativement) connus du public européen.
Kolya, déjà écrit puis interprété par le père Zdenek devant la caméra de Jan, avait remporté lŽOscar du meilleur film étranger il y a 10 ans et attiré plus de 3 millions de spectateurs en Europe, dont 624 000 en Allemagne, 273 000 en Italie et 173 000 en France.
Avec ce nouveau film, dont le titre original
Vratné Lahve signifie littéralement « Bouteilles consignées », Zdenek Sverak, scénariste mais aussi lŽun des acteurs les plus renommés du pays, interprète le rôle tragi-comique dŽun retraité porté sur les femmes et lŽalcool, rôle qui fait donc mouche auprès du public.
Présenté en compétition au récent Festival International du film de Karlovy Vary,
Empties y a reçu une mention spéciale pour son scénario. Vendu par la société anglaise
Portobello Pictures, notamment au Benelux (Lumière), en Grèce (Audiovisual), en Italie (Fandango), au Canada et en Australie, le film nŽa pas encore été distribué hors de la Tchéquie. Notons enfin la présence au casting de Tatiana Vilhelmova, qui tenait lŽun des principaux rôles de
Something like Happiness (
Stesti), de Bohdan Slama.
Ces chiffres ne doivent pas pour autant faire de lŽombre à lŽautre grand retour de lŽannée. Avec
I served the King of England (Obsluhoval jsem anglického krále), Jiri Menzel, figure phare de la nouvelle vague du cinéma tchèque dans les années 60 aux côtés de Milos Forman, revient en force et attire 700 000 spectateurs après avoir remporté les principales récompenses nationales lors de la dernière cérémonie des Lions tchèques.
Il signe ainsi, après notamment
Trains étroitement surveillés, une nouvelle adaptation de Bohumil Hrabal qui lui permet dŽévoquer sur le mode de la comédie le passé du pays. Le personnage principal en est, dans les années 30, un petit serveur assoiffé dŽargent à la fois habile (pour ce qui est de séduire les femmes) et naïf (par rapport à la montée du nazisme). Devenu ouvrier après avoir connu une gloire très éphémère dans lŽaprès-guerre, ses retours sur son passé sont ainsi le prétexte à une évocation enlevée de quelques heures sombres de la Tchécoslovaquie.
Vendu par
Bavaria Film International, notamment en Chine, en Amérique latine et en Corée du Sud, le film est jusquŽà maintenant sorti en Slovaquie et en Pologne et devrait être distribué en Hongrie en septembre.
Jean-Baptiste Selliez
Empties : http://www.portobellopictures.comhttp://www.sverak.czhttp://www.vratnelahve.czI served the King of England : http://www.bavaria-film-international.dehttp://www.anglickykral.czSources: Observatoire Européen de lŽAudiovisuel et ufd.cz