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Les Actions - 18/07/2013

 

Retour sur le séminaire de Bologne 2013

 

Dirigé par Ian CHRISTIE (Professeur de cinéma à Londres, Royaume-Uni) et Madeleine PROBST (Conception des programmes, Watershed Media Centre à Bristol, Royaume-Uni), ce séminaire a abordé les thèmes du public du futur, des différentes générations numériques et des communautés de cinéma.

Le séminaire s’était ainsi fixé deux questions auxquelles tenter de répondre :

Comment attirer la future génération des communautés ultra-connectées à franchir la porte de nos salles de cinéma dans le monde du « tout, tout de suite, partout » ? Comment créer les chemins conduisant à la « merveilleuse » expérience collective qui consiste à voir un film en salle – lieu où il se définit, prend son sens et a l’occasion d’être révélé ?

 Des sessions plénières et des ateliers pratiques - dirigés également par Maciek Jakubczyk (New Horizons Association, Pologne) et Mathias Holtz (Folkets Hus och Parker, Suède) ont permis aux exploitants d’échanger savoir-faire et expériences de projets de programmation et d’animation et campagnes de marketing, en particulier en direction des jeunes spectateurs.

Ce séminaire a eu lieu comme chaque année dans le cadre du Festival « Il Cinema Ritrovato » qui permet de (re)découvrir des œuvres restaurées du patrimoine cinématographique, notamment lors de projections publiques en plein air sur la Piazza Maggiore, dans le centre historique de la ville.

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Lire l'histoire interactive du Séminaire de Bologne 2013 ici: Storify

 

Programme FR - GB

Retrouvez les présentations des intervenants ici

           

Gianluca Farinelli ouvre le séminaire en indiquant qu’une nouvelle ère s’ouvre aux exploitants, riche en jeunes cinéphiles potentiels. Le festival Il Cinema Ritrovato doit être une source d’inspiration pour notre réseau : pour Claude-Eric Poiroux, tant les festivals que les salles de cinéma sont des lieux de rencontre. Lors de ce séminaire Jeune Public de Bologne, il s’agira de transmettre notre amour du cinéma à de jeunes spectateurs. S'ils désertent nos salles, il s’agit de s’interroger sur leurs pratiques afin de rendre une séance de cinéma moins routinière.

 Comment pouvons-nous amener le public à nous faire confiance et à prendre des risques ?

Daniel Sibbers, Responsable Marketing du groupe Yorck Kino en Allemagne, est venu nous exposer la campagne mise en place lorsque ces salles étaient menacées par les multiplexes dans les années 2000: "Dans la bonne salle de cinéma, vous n’irez jamais voir le mauvais film." Ce slogan faisait partie d'une campagne de promotion destinée à se faire connaître du public et à instaurer un climat de confiance en créant une « marque » reconnaissable, une nouvelle identité. Les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans cette démarche, en permettant de créer une communauté.

Engager le jeune public dans la salle afin de lui donner envie de venir et revenir : pour Maciek Jakubczyk de l’association New Horizons à Varsovie en Pologne, le métier d’exploitant peut être celui d’un animateur culturel. Faire réaliser des films à des enfants est un prétexte à l’apprentissage et à la prise de responsabilité.

Au Watershed, le mot d’ordre est avant tout de partager des idées et d’être créatif, voire de laisser le public s’approprier la salle et sa programmation lors d’événements qu’il organise lui-même ! Mathias Holtz de Folkets Hus och Parker indique que la salle de cinéma est un lieu de culture et que les spectateurs ne nous appartiennent pas, c’est nous qui leur appartenons. Elisa Giovannelli, de la Cinémathèque de Bologne, nous présente les activités proposées à l’année pour les enfants et les scolaires dans le cadre du programme Schermi et Lavagne : une impressionnantes aire de jeu a été montée à l’occasion du festival et accueille des ateliers de découverte de l’image. Engager de nouvelles communautés à franchir le seuil de la salle de cinéma, c’est aussi les encourager à prendre des risques comme nous le démontre Marco Villota du Far East Film Festival à Udine : présentation inspirante d’une campagne marketing inventive et ludique mettant en relation réseaux d’artistes et créatifs afin de gagner les communautés locales. Linda Arbanova du Kino Aero de Prague nous expose quant à elle la vie d’un spectateur de 1 à 80 ans, liant de façon amusante les différentes périodes de sa vie aux activités ou ateliers proposés par la salle aux différentes tranches d’âge de son public.

Comment attirer de nouvelles générations, communautés et partenaires ?

Guy Magen du Cinéma Jacques Tati à Orsay a développé des programmes d'éducation à l'image sur tablettes: par un jeu de questions-réponses sur les images d’un film vu en groupe, les enfants peuvent être créatifs en cherchant des images ensemble et en recréant un discours sur le film. Ils ont plaisir à débattre, sur un objet filmique ainsi réapproprié. Guy est à la recherche de partenaires européens pour développer sa base de données existante et propose de former les exploitants intéressés, clef en main.

Clio Meyer, de la société Knowtex, est également persuadée qu'il faut engager les communautés dans l’ère numérique. Les exploitants peuvent faire le lien entre professionnels, cinéphiles et communautés créatives. Les réseaux sociaux sont de merveilleux outils permettant ce lien. L’occasion pour Ian Christie de brosser l’histoire de l’espace des salles de cinéma : la salle est-elle toujours un lieu de convivialité ? Mathias Holtz, en recréant la campagne du film chilien NO en Suède, a non seulement réussi à impliquer les communautés liées aux thématiques du film mais les a également fait participer à la campagne, se substituant au rôle du distributeur en travaillant également avec les médias étrangers en Suède, devenus ambassadeurs du film. Luciano Chelotti de la société de distribution Network releasing à Londres, toujours à propos du film NO, a quant à lui travaillé longtemps en amont avec les communautés susceptibles d’être intéressées par le film : les cibles étaient, entre autres, des professionnels en communication et en marketing ou des associations de défense des droits de l’homme. Celles-ci se sont toutes réapproprié la campagne.

Si les nouvelles technologies permettent d’avoir plus facilement accès aux communautés de spectateurs et de les faire se rencontrer, elles rendent également possible la démocratisation de films classiques. Les listes des meilleurs films de tous les temps (Top Ten ou ‘Canons’) influent sur les ressorties de DVD ou les programmes scolaires. Ces listes peuvent être de précieux outils de travail avec les publics : encouragez-les à lister leurs films préférés, programmez-les, discutez-en… Vincent Paul-Boncour, exploitant du Nouveau Latina à Paris et directeur général des sociétés de distribution Carlotta Films & Bodega Films, s’est spécialisé dans la ressortie de films classiques : Il s’agit de rendre ces sorties aussi attractives que celles de films contemporains, en redonnant au film toute sa modernité.

La restauration digitale participe à une soif de découverte sur de nouveaux supports, des films d’Ozu par exemple. Mari Sol Perez,  Responsable du dossier patrimoine dans l'unité Politiques audiovisuelles et des médias à la Commission européenne explique que la culture cinématographique fait partie intégrante de l’Europe et que la Commission a à cœur de faciliter l’accès du grand public aux œuvres de patrimoine, tant en ligne que dans les salles.

Il s’agit bien de séduire les spectateurs. Que peut leur apporter la salle, au-delà de la simple projection ?

Adrian Utley, guitariste du groupe Portishead, et Mark Cosgrove, directeur des programmes du Watershed, Bristol, nous font part de leur coopération autour d’un événement, la présentation de la version restaurée de The Passion of Joan of Arc de Dreyer avec une musique composée par le musicien. Créer des ponts entre différents secteurs artistiques peut se révéler extrêmement fédérateur et être un excellent moyen de renouveler son public. Linda Arbanová du Kino Aero de Prague nous fait part de deux événements programmés par le Kino Aero: BLIND CINEMA & FILMJUKEBOX. Pour le premier, il s’agit de surprendre le public en lui proposant un film surprise ; pour le second, le faire voter afin qu’il choisisse le film qu’il a envie de voir !

Gérôme Bourdezeau, responsable de Eataly Roma, concept-store mêlant supermarché haut de gamme et lieux de restauration, nous a présenté son manifeste : l’enseigne est engagée dans la distribution de produits gastronomiques artisanaux qu’elle valorise avec une communication reposant sur des idées de partage, de responsabilité et d’accessibilité - on ne parle pas de « luxe » mais de « haute-qualité ». En établissant des correspondances entre les expériences sensorielles respectives des consommateurs d’Eataly et des spectateurs de cinéma, les exploitants ont ainsi pu envisager différentes méthodes leur permettant de séduire le public en lui proposant une offre interactive et hyper personnalisée.

Lors de la conclusion du séminaire, il a été à nouveau souligné que les publics sont des communautés et qu'il est essentiel de bien les connaître afin de déterminer les meilleurs moyens de les impliquer dans la salle de cinéma et d'interagir avec eux. La salle doit être partie intégrante de leur communauté et leur faire vivre des expériences nouvelles et surprenantes. Il ne nous reste « plus qu'à » être créatifs, et communicatifs !

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter la rubrique dédiée au séminaire de Bologne, cliquez ici .

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter :

Emilie Boucheteil, Activités Jeune Public :

Tél. +33 (0)1 42 71 83 64, e-mail : eboucheteil@europa-cinemas.org

Lucas Varone, Coordinateur des Actions communes :

Tél. +33 (0)1 42 71 12 43, e-mail : lvarone@europa-cinemas.org