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Le Réseau - 21/07/2009

 

Numérique – La Norvège signe avec les studios

 

L’organisme du cinéma norvégien, Film & Kino, vient de signer avec les studios américains pour mettre en place le premier réseau national de salles en numérique. Retour sur les conditions d’un déploiement intégral qui prend en compte la diversité des salles.  

 

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« Sans la numérisation, les cinémas pourraient disparaître. » C’est avec cette phrase que Rolv Gjestland, consultant pour Film & Kino, principale organisation norvégienne de l’industrie du cinéma, présentait dès 2005, lors de la Conférence Europa Cinemas, l’enjeu que représente le passage au numérique pour les salles, dans un univers de compétition exacerbée avec d’autres supports. Film & Kino réfléchissait déjà à cette époque à un modèle qui permettrait d’équiper l’ensemble des salles du pays. Au terme de cette réflexion, un accord a été signé la semaine dernière avec les studios américains pour financer la transition, idéalement, de la totalité des salles du pays, soit environ 400 écrans.  Rappelons que le secteur de l’exploitation, en Norvège, a ceci de particulier que la majorité des salles sont détenues par les municipalités, membres de Film & Kino.

Permettre aux petites salles de s’équiper
A l’origine, le modèle norvégien s’est développé essentiellement pour soutenir les petits cinémas. En effet, sur les 400 salles, environ 200 réalisent seulement 2% du box-office. Ce sont bien souvent de très petites salles de villes ou de villages qui proposent non seulement des films mais aussi d’autres activités (opéra, théâtre…). Ces salles recevaient habituellement la copie du film plusieurs semaines après sa sortie. Grâce à la numérisation, Film & Kino souhaite donner la possibilité aux salles d’accéder aux films dès leur sortie nationale.

Un accord historique
Cependant, si le principe du modèle était acquis, le mode de financement vers la numérisation restait la condition ultime pour convaincre les exploitants comme les distributeurs. Après de multiples tentatives, les cinq plus grands studios hollywoodiens – 20th Century Fox, UIP (distributeur en Norvège pour Paramount Pictures et Universal Pictures), Walt Disney Studios Motion Pictures International et Warner Bros Pictures International - sont finalement parvenus à un accord avec Film & Kino. La transition vers le cinéma numérique commencera avant la fin de l'année après un appel d'offres lancé aux sociétés spécialisées dans l'équipement.
L’objectif est d’équiper toutes les salles d’ici 2011.

Un modèle de financement tripartite basé sur le VPF
Les coûts engendrés seront répartis entre les distributeurs, qui financeront la numérisation à hauteur de 40% via les VPF, Film & Kino et les exploitants prendront alors en charge les 60% restants. Le montant exact que les salles paieront sera défini à la suite du résultat d’une offre publique.
Le distributeur fait une économie qui est transférée à l’exploitant, via le tiers opérateur, afin de financer les équipements numériques. A chaque fois qu’une copie numérique est projetée dans une des salles, le tiers opérateur paie une participation – le VPF. Le distributeur ne paie qu’un seul VPF par cinéma et par titre alors que l’exploitant peut, par la suite, projeter le film sur les différents écrans de sa salle, y compris simultanément

Assurer une sortie de films la plus large possible tout en favorisant la diversité des films d’auteurs
Lorsque le film numérique est projeté dans un certain nombre de cinémas, le distributeur n’a pas à payer de VPF supplémentaires. En effet, dans un  modèle classique, il n’aurait pas été rentable pour le distributeur de payer un VPF pour la projection d’un film numérique dans une petite salle. Or grâce à ce nouveau système, le distributeur a tout intérêt à dépasser le nombre convenu d’engagements afin de voir son film projeté, sans payer de surcoût, dans tous les types de salles.
Pour les films qui ne pourraient atteindre ce quota -  sous-entendu les films indépendants à potentiel plus limité - Film&Kino entend faire en sorte qu’ils soient disponibles pour l’ensemble des cinémas qui souhaiteraient le diffuser. Pour les salles projetant essentiellement des films d’auteurs indépendants le distributeur a ainsi la possibilité de payer une contribution par séance et non par copie, tant que le film est projeté plusieurs fois. Cette règle s’applique également aux contenus alternatifs.
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Revue de presse - actualité chargée pour le numérique

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Liens :

Film & Kino
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Images (de haut en bas) :Gimle à Oslo, Konsertpaleet à Bergen, deux salles membres d’Europa Cinemas équipées en numérique