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Le Réseau - 03/05/2005

 

Les cinémas parisiens du réseau s'engagent pour les films "de l'est"

 

Le Cinéma des Cinéastes, Le Latina et Les 3 Luxembourg mettent à l'honneur ces cinématographies peu diffusées.

Par ordre chronologique, c'est d'abord le festival Baltyk-o-balkan, au Cinéma des cinéastes, qui a proposé de découvrir plusieurs de ces cinématographies qui peinent à trouver des distributeurs hors de leurs pays d'origine. En 2004, la première édition avait été ouverte par le long-métrage estonien Somnambuul (2003), de Sulev Keedus, auquel le jury avait attribué le prix du meilleur film. Le « deuxième festival du film est-européen » proposait cette année, du 19 au 26 avril, 6 films récents en compétition et 4 longs-métrages classiques, ainsi qu'un programme d'animation estonien. Les programmateurs avaient ouvert la sélection aux films turcs. En attendant les nuages (2004), de Yesim Ustaoglu, ouvrait ainsi cette semaine qui a récompensé deux films ex-aequo : Dealer (2004, Hongrie) de Benedek Fliegauf et 66 sezón (2003, Slovaquie), documentaire de Peter Kerekes. Ces deux films n'ont pas été distribués, à notre connaissance, hors de Hongrie et de Slovaquie. Ce qui est regrettable, l'un et l'autre offrant deux propositions fortes d'un cinéma différent, en prise avec leur environnement. D'un côté, Dealer, composé de longs plans-séquences, suit un dealer énigmatique au cours d'une journée qui le voit rencontrer plusieurs personnages. Si le film pouvait bénéficier d'une exposition suffisante, nul doute qu'un large public saurait lui réserver un accueil favorable. De l'autre côté du spectre de la création, 66 sezón (présenté à Karlovy Vary en 2003) propose rien moins que d'évoquer 66 années de la ville slovaque de Kosice en se contentant de faire parler, trois étés de suite, les habitués de la piscine municipale. Et il y parvient ! Grâce à quelques astuces de mise en scène et à la complicité de plusieurs personnes âgées au caractère bien trempé, qui acceptent par exemple de rejouer des scènes de leur splendeur passée à côté de la jeunesse alanguie, c'est toute l'histoire d'une ville d'Europe centrale et orientale qui défile, de la Seconde guerre mondiale à la tranquillité d'aujourd'hui, en passant par l'invasion russe de 1968. 
Du côté des films classiques, ont été notamment projetés Czesc Tereska (2001, Pologne), de Robert Glinski (qui était déjà à l'affiche, en 2004, de Nowa Polska, une saison polonaise en France, La reconstitution (1969, Roumanie), de Lucian Pintilie et Un jour, un chat (1963, Tchécoslovaquie), de Vojtech Jasny.
Ce dernier sera à nouveau présenté au Cinéma des cinéastes en mai, puisque la salle accueillera une vaste rétrospective de films de la nouvelle vague tchèque des années 60.

 

La reconstitution est à nouveau à l'affiche d'une salle du réseau cette semaine. Le Latina et l'association ARTROUMAIN présentent en effet, du 26 avril au 3 mai, un vaste panorama du cinéma roumain contemporain. Si le film est projeté en hommage à Lucian Pintilie, dont Niki et Flo (2003), son dernier long, est également programmé, la sélection fait surtout la part belle à des films récents, avec 9 longs-métrages et 3 documentaires produits après 2001. Signe qu'une nouvelle génération de cinéastes roumains est peut-être en train d'éclore, est également présentée une sélection de courts-métrages de haute volée, qui ont tous circulé à l'international ces deux dernières années et ont recueilli de nombreux prix : L'appartement (2004) de Constantin Popescu, Trafic (2004), de Catalin Mitulescu, Palme d'or du court-métrage à Cannes 2004, Les Chênes verts (2003), de Ruxandra Zenide, Aide humanitaire (2001), de Hanno Höfer, Une cartouche de Kent et un paquet de café (2003), de Cristi Puiu, Ours d'Or du court-métrage à Berlin 2004, et Le rêve de Liviu (2003), de Cornel Porumboiu, qui avait été primé à la Cinéfondation à Cannes 2004 pour Voyage en ville.

 

Enfin, la semaine prochaine, ce sera au tour du cinéma hongrois d'être à l'honneur, au cinéma Les 3 Luxembourg. Du 4 au 10 mai, festival.film.hu et l'Institut Hongrois de Paris proposent ainsi une Semaine du film hongrois. En 9 films et 9 courts-métrages, c'est un résumé de la production hongroise récente qui nous est ainsi proposé. L'occasion de découvrir quelques films peu vus et pourtant souvent primés, à l'heure où, à l'image de Hukkle (2002, György Pálfi), qui a notamment été distribué en Allemagne, en Autriche, en France, en République tchèque et en Israël, la cinématographie hongroise d'aujourd'hui recèle de propositions originales qui mériteraient de trouver leur public.

 

Jb Selliez, Mai 2005

Image : 66 sezón