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Le Réseau - 23/02/2010

 

Le Lux, à Caen, fête ses 50 ans

 

Festivités tous azimuts à Caen pour le Cinéma Lux, qui fête un demi-siècle d’activités au travers de multiples manifestations. Retour sur l’histoire de cette salle membre d’Europa Cinemas depuis 1998.

2010_Lux_Caen

Défense du cinéma européen, implication envers le jeune public, engagement fort dans la vie locale : voici quelques traits de l’identité de ce cinéma de 3 écrans, qui au fil des années s’est imposé comme l’un des points névralgiques de la culture à Caen, ville de 110000 habitants du nord ouest de la France.

Créée en 1960 par les curés de la paroisse Sainte-Thérèse, le Lux fut d’abord une salle de spectacle de 500 places qui, avec son dispensaire, avait aussi une fonction sociale. Après quelques années d’activité, les entrées diminuant, la salle fut positionnée sur l’art et essai, adhérente de l’AFCAE dès 1966. En 1968, le succès surprise du film Je t’aime je t’aime d’Alain Resnais relance la fréquentation.
Le Lux connaît son âge d’or dans les années 70. Sous la direction de Gilbert Benois, la salle multiplie les débats, animations, collaborations hors les murs et connaît des entrées record à la fin de la décennie.
Les années 80 sont plus rudes. Le Lux doit s’adapter à la concurrence de nouvelles salles et change de locaux... pour mieux revenir ensuite dans ses murs d’origine.
1995, année du centenaire du cinéma, est un tournant : une deuxième salle de projection est construite ; Didier Anne en devient le nouveau directeur; la salle accueille pour la première fois la Semaine du cinéma ethnographique, l’un de ses événements emblématiques.
Gilbert Benois décède en 2004, l’année où le 3ème écran est ouvert.

Depuis 2002, la fréquentation de la salle a dépassé les 100000 entrées et continue d’augmenter. Avec 140000 spectateurs en 2009, le Lux affiche de beaux résultats, qui font la part belle au cinéma européen : les deux tiers de la programmation sont ainsi consacrés aux films européens. En 2008, Entre les murs (5300 spectateurs), Mia et le Migou (4400), Paris ou encore It’s a Free World avaient été les films européens ayant réalisé le plus d’entrées. L’année dernière, ce sont deux films pour le Jeune Public qui tiennent cette place au sein de la programmation – Pierre et le loup de Suzie Templeton et Kerity, la maison des contes de Dominique Monfery – signe de l’investissement de la salle pour ce public. Tout au long de l’année, le Lux organise de multiples activités pour les enfants et accueille les dispositifs nationaux d’éducation à l’image. 35000 jeunes spectateurs avaient fréquenté la salle en 2008 (!). Un espace du site Internet, Le Petit Lux, met d'ailleurs en avant les films qui leur sont destinés.

Le Lux propose actuellement aux jeunes spectateurs une exposition sur l’histoire du cinéma, « Le cinéma ou la machine à remonter le temps », ainsi que des Ateliers de démonstration et de fabrication de jouets d’optique. Ces manifestations font partie des nombreux événements qui vont scander l’année 2010, « Année du cinéma à Caen ». Les festivités ont ainsi été ouvertes début février avec le spectacle Cinémonstre de Enki Bilal (à la salle de musiques actuelles le Cargö) et l’accueil réservé à Andrzej Wajda pour la sortie de Tatarak.

A l’heure où la numérisation des salles indépendantes fait débat, voici donc un exemple de salle ayant su progresser au fil du temps et se constituer en pôle de rassemblement, en devenant un outil d’animation culturelle du territoire, avec l’organisation de débats, des ateliers, l’animation de centres socioculturels, la programmation et la gestion d’autres salles et l’organisation de projections en plein air… Le Lux est aussi fier de s’investir auprès de plusieurs organisations qui fédèrent les salles, notamment, outre Europa Cinemas, l’AFCAE, le GNCR ou encore l’Agence du court métrage.
Bon anniversaire au Lux et bravo à ses deux directeurs, Didier Anne et Gautier Labrusse, ainsi qu’aux 14 salariés et bénévoles qui le font vivre.

www.cinemalux.org
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Images : Lux à Caen et Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)