News / Le Réseau

 

Le Réseau - 15/05/2009

 

L’année 2008 en perspective

 

Avec une part de marché de 58% accordée au cinéma européen (dont 35% pour les films européens non nationaux), et près de 11% aux films hors EU/US, les salles du réseau sont celles où s’exprime toute la diversité d'origine du cinéma.

 

09_Resultats2008_Posters

2008, année des films nationaux sur les marchés européens

Aucun grand film européen n’a dominé 2008, année en apparence plutôt tranquille pour la fréquentation générale des salles. L’Observatoire européen de l’audiovisuel annonçait d’ailleurs à  Berlin une relative stabilité des entrées. 
Mais il constatait aussi la belle affirmation des cinématographies nationales dans leur propre pays. Sur une dizaine de territoires, France, République tchèque et Danemark en tête, les films nationaux voient large, le cinéma danois ayant même connu sa meilleure fréquentation depuis 1976 grâce notamment à Flammen & Citronen. Si ce dernier s’exporte bien, à l’instar comme chaque année de quelques films danois, il n’en est en revanche pas de même pour les grands succès tchèque, slovaque, polonais ou finlandais, qui rappellent que les hits nationaux trouvent parfois difficilement le chemin des salles des pays voisins.
Bienvenue chez les Ch’tis est à cet égard une bonne surprise. Non content de battre des records en France (plus de 20 millions d’entrées), le film a également obtenu de bons résultats à l’étranger. Surtout, la stratégie adoptée par Prokino en Allemagne – le distributeur a choisi d’inventer un nouveau jargon avec l’aide d’un linguiste -, montre la voie pour d’autres comédies nationales.

Toute la diversité du cinéma dans les salles Europa Cinemas

Dans les salles du réseau Europa Cinemas, le cinéma national est en revanche plutôt stable, car ces salles sont une sorte de modérateur des tendances d’un marché qui se concentre de plus en plus sur les grands succès nationaux ou américains. Avec une part de marché de 58% accordée au cinéma européen (dont 35% pour les films européens non nationaux), et près de 11% aux films hors EU/US, ce sont les salles où s’exprime toute la diversité d'origine du cinéma.
Aux côtés des bons résultats des derniers films (excellents) des frères Coen, de Woody Allen ou de Sean Penn, plusieurs films européens ont été de francs succès dans le réseau. 4 films dépassent ainsi les 600 000 entrées : Gomorra (851 000 spectateurs dans les salles de 20 pays) ; Bienvenue chez les Ch’tis (829 000 entrées, 16 pays, dont 341 000 en Allemagne, mais seulement 42 000 en France, où il n’est que… 50ème dans le réseau) ; Happy-Go-Lucky (649 000 entrées, 22 pays) ; et la Palme d’or Entre les murs (600 000 spectateurs dans 22 pays).
Derrière, 4 autres films dépassent ou approchent 400 000 spectateurs : La Graine et le mulet, Paris et Le Scaphandre et le papillon montrent que le cinéma français a connu une fort belle année dans les salles du réseau, Caos Calmo suivant la marche avec 380 000 entrées.

Succès dans les salles du réseau

Notons quelques résultats réjouissants pour la circulation des films, dans le réseau. Once, le film irlandais à très petit budget de John Carney a réuni 80 000 spectateurs dans nos salles allemandes, 17 000 dans seulement 5 salles danoises et 36 000 dans 13 salles polonaises. Au Royaume-Uni, Man on wire, le documentaire sur le funambule Philippe Petit, a réuni 58 000 spectateurs, notamment en numérique, support sur lequel a également beaucoup circulé Somers Town, le nouveau film de Shane Meadows. En Autriche, Let’s make Money est en tête avec 69 000 entrées. En Allemagne le film a attiré 74 000 spectateurs. En Espagne, Die Fälscher réunissent 94 000 entrées, tandis que Caramel, le film libanais de Nadine Labaki, a été vu par 112 000 spectateurs. Le film y était soutenu en distribution par Euromed Cinemas, qui l’a également accompagné, notamment, en Pologne (32 000 entrées dans nos salles).
Enfin, pour revenir sur la bonne santé des cinématographies nationales, notons les résultats de Bathory dans les salles slovaques du réseau (120 000 entrées dans 13 salles !), des films d’auteurs italiens en Italie (6 films dans le top 10, notamment Gomorra, Caos calmo, Il Divo et Le déjeuner du 15 août), de Max Manus en Norvège, de Citizen Havel en Tchéquie, formidable documentaire sur l’ancien président tchèque, ou encore de Cherry Blossoms et Wolke 9 en Allemagne.

Trop peu de films européens disponibles en numérique

Depuis 2005, Europa Cinemas apporte un soutien aux salles MEDIA pour leur programmation de films européens en 2K. Une cinquantaine de salles du réseau sont aujourd’hui équipées, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Italie, au Luxembourg, en Suède, en Norvège et en Finlande.
Si ce soutien connaît une évolution, on ne peut cependant pas encore parler de révolution, 25 salles ayant cette année accès à ce bonus. Et la forte augmentation des montants alloués concerne surtout les salles du Royaume-Uni. Ailleurs, les films européens disponibles en numérique sont encore trop rares, même si les salles allemandes frémissent.
Enfin, notons l’arrivée de la 3D dans quelques salles du réseau, au côté de projections d’opéras ou de concerts.

Les films Jeune Public de l’année

Les salles du réseau font également un travail exemplaire pour la promotion du cinéma auprès du Jeune Public. Une part du soutien financier de MEDIA est dédiée à cette partie de la programmation et à ces activités, animations autour des films, festivals d’animation, découverte des techniques du cinéma, lectures…
La liste des films programmés dans le cadre de ces activités est instructive : on y trouve aussi bien de l’animation, comme Les trois brigands, Mia et le Migou ou Lilla spöket Laban, des films à destination d’un public jeune comme Le renard et l’enfant ou Earth, ainsi que des films destinés à un public plus adolescent, comme La vague ou Let’s make money.