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Le Réseau - 10/11/2005

 

3 questions à Éva Vezér, Magyar Filmunió (Hongrie)

 

A l'occasion de la tenue à Budapest de la conférence annuelle Europa Cinemas, rencontre avec Éva Vezér, directrice générale de Magyar Filmunió, l'organisme de promotion du cinéma hongrois à l'étranger.

Depuis quand fonctionne le Magyar Filmunió et quel est son rôle ?

Magyar Filmunió a été créé par la Fondation Publique de la Cinématographie Hongroise (Motion Picture Public Foundation of Hungary) en 1991 pour faire la promotion des films hongrois à l'étranger. Sa mission est de présenter les longs-métrages, les courts métrages, les documentaires et les films d'animation hongrois dans les festivals et d'organiser des manifestations autour du cinéma hongrois à l'étranger.
Magyar Filmunió encadre le bureau d'Eurimages et le Media Desk Hongrie, et est en contact régulier avec des institutions professionnelles à l'étranger.
L'organisation est aussi membre actif de European Film Promotion depuis 2001 et je suis membre du comité de direction de EFP.
Depuis l'entrée du pays dans l'Union Européenne, les professionnels hongrois participent aux concours de MEDIA PLUS et de MEDIA Training avec un grand succès. L'échange d'information entre les professionnels hongrois et MEDIA est gérée par le Media Desk Hongrie, dirigé par Enikő Kiss. La directrice de Magyar Filmunió est aussi membre du Comité MEDIA.

Peut-on parler, aujourd'hui, d'un regain d'intérêt pour le cinéma hongrois ?

A regarder les chiffres, il semble évident que les actions de Magyar Filmunió ont ces dernières années grandement contribué au succès des films hongrois dans les festivals. En 2001, nous avions ainsi permis la présentation des films hongrois dans 185 festivals et événements culturels. Cette présence représentait 430 projections, dont 80 en compétition, et 39 prix reçus par les films présentés. En 2004, ce sont 350 festivals et événements divers qui ont présenté des films hongrois en 850 projections. 175 projections ont eu lieu en compétition et ces films ont remporté 77 prix. Nous nous attendons à des chiffres encore supérieurs en 2005.
On observe dont un fort intérêt pour le cinéma hongrois, ce qu'atteste par exemple le nombre croissant de sélections spéciales qui lui sont dédiées, comme tout récemment à Séville et à Cottbus.
Récemment, les films les plus populaires ont été Chico de Ibolya Fekete, Torzók (Abandoned) d'Arpad Sopsits, Paszport de Péter Gothár, Hukkle (Hic, de crimes en crimes) de György Pálfi, Rengeteg (Forest) et Dealer de Benedek Fliegauf, Szép napok (Pleasant Days) et Johanna de Kornél Mundruczó, Másnap (After the day before) de Attila Janish et bien évidemment Kontroll de Nimród Antal. Certains de ces cinéastes sont très jeunes et une nouvelle génération est en train d'éclore. Le succès des courts métrages le démontre aussi, avec notamment Szél (Le Vent) de Marcell Iványi et Eso Utan (Après la pluie) de Péter Mészáros, Palmes d'or du court métrage à Cannes, respectivement en 1996 et en 2002. Citons encore les courts métrages d'animation de Ferenc Cakó, ou encore les oeuvres produites dans les studios d'animation Kecskemétfilm et Pannónia Stúdió.
Dans ce panorama, l'ouvre de Béla Tarr occupe une position particulière, sa vision et son langage cinématographique étant déjà inscrits dans l'histoire du cinéma mondial. Ses films sont très demandés pour des rétrospectives mais ne sont cependant programmés que dans des salles art et essai.

Quelle est la place du cinéma hongrois dans son pays ?

Le cinéma hongrois occupe ici la même place que dans la plupart des pays européens. Le marché est dominé par les films américains et par les multiplexes. Nous avons tout de même un réseau efficace de salles art et essai (dont la plupart sont membres d'Europa Cinemas) qui programment surtout des films hongrois et européens, avec un public stable et fidèle.
Les films hongrois représentent environ 9,5% du marché. Les principaux succès nationaux sont des comédies qui ne s'exportent pas forcément. Kontroll est bien sûr la grande exception.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Selliez, Novembre 2005