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Le Réseau - 30/10/2005

 

3 questions à Cristina Hoffman, German Films (France)

 

Cristina Hoffman est la représentante de German Films en France, organisme qui soutient la présence du cinéma allemand à l'étranger. German Films organise le Festival du film allemand de Paris, qui se tient traditionnellement au cinéma L'Arlequin (nouveau membre d'Europa Cinemas depuis cette année). Cristina Hoffman revient ici sur la nouvelle notoriété du cinéma allemand à l'étranger et sur la place qu'occupe le festival au sein de l'activité de German Films.

Pensez-vous que le cinéma allemand bénéficie d'une meilleure présence à l'étranger depuis quelques années ?

L'intérêt pour le cinéma allemand a connu un véritable bond, suite au succès surprise de Goodbye Lenin. Head-on (Gegen die Wand) et La Chute (Der Untergang) ont ensuite accentué ce phénomène. Auparavant, l'attention s'était déjà portée sur Cours, Lola, cours (Lola rennt), qui avait connu un vrai succès à l'exportation mais dont les résultats avaient été un peu décevants en France. Derrière ces films qui attirent le grand public, il faut aussi noter le regain d'attention pour des films qui entrent dans la catégorie des films d'auteur, tels Au loin les lumières (Lichter) ou Le Bois lacté (Milchwald), qui cependant ne connaissent pas encore un vrai succès. Ces films d'auteur sortent dans certains pays, en France, en Angleterre ou même en Asie. Mais en Espagne et en Italie, par exemple, les seuls films allemands qui sortent dans les salles sont les gros films porteurs. L'action de German Films vise notamment à faire connaître ces films, alors que nous assistons à l'éclosion de jeunes réalisateurs en devenir.

Quel est le rôle de German Films ?

Via notamment une dizaine de représentants dans le monde, German Films assure le lien avec les distributeurs locaux. Son action accompagne véritablement la nouvelle notoriété du cinéma allemand, puisque nous assurons désormais un soutien non seulement aux longs métrages, mais aussi aux courts métrages, aux documentaires et aux films de télévision, alors que notre action était auparavant limitée aux longs. Soulignons aussi la mise en place, il y a quelques mois, d'une aide à la distribution des films allemands à l'étranger.
Au sein de notre action, nous attachons bien sûr beaucoup d'importance aux festivals du cinéma allemand. Celui de Paris est le premier à avoir été lancé et nous en sommes maintenant à la dixième édition. D'autres festivals sont désormais organisés à Londres, Rome, Madrid ou New York. La première édition du Festival du Cinéma allemand de Tokyo a eu lieu cette année. Cette présence va plus loin que les seules capitales des grands marchés puisque, l'année dernière, nous avons notamment présenté de nombreux films récents au Maroc.

Comment se présente le 10ème Festival du Cinéma allemand de Paris ? Quels en sont les points forts ?

Ce festival a été créé alors que le cinéma allemand souffrait d'une vraie méconnaissance du public, en France ou ailleurs. Aujourd'hui, nous présentons à la fois des films qui n'ont pas de distributeurs dans le pays mais aussi des films qui ont été remarqués et primés dans les festivals. La sélection donne lieu à un prix du public. L'un des points forts du festival sera la présentation de L'Eté à Berlin (Sommer vorm Balkon), le nouveau film de Andreas Dresen, qui a remporté le prix du meilleur scénario à San Sebastian et vient d'être acheté en France par Ocean Films. Sophie Scholl, primé à Berlin et aux Lolas, est un autre moment important, qui devrait attirer beaucoup de scolaires. On peut aussi citer One Day in Europe ou encore Le Pêcheur et sa femme (Der Fischer und seine Frau), qui fera la clôture du festival, sans oublier les autres films de la sélection, bien sûr !

Outre les longs métrages récents, le Festival présentera notamment, grâce à la collaboration de Arte, une sélection de documentaires qui permettront un survol socio-culturel de l'Allemagne d'aujourd'hui, un programme de 15 des meilleurs films allemands du siècle, mais aussi des films d'écoles, des courts-métrages et une soirée concert dédiée au Nosferatu de Murnau, le 13 octobre.
Pour revenir aux longs métrages, notons que certains des films présentés l'année dernière sont depuis sortis dans les salles françaises, notamment Agnès et ses frères (Agnes und seine Brüder), Parfum d'absinthe (Was nützt die Liebe in Gedanken) ou Schultze gets the blues. En revanche, malgré un bon accueil de la critique, Nightsongs (Die Nacht singt ihre Lieder) , le dernier film de Romuald Karmakar, n'a pas trouvé de distributeur en France. La voie vers les salles est donc loin d'être assurée pour tous les films.

Site du Festival du Cinéma allemand de Paris: www.festivalcineallemand.com

Site de German Films: www.german-cinema.de

Propos recueillis par Jean-Baptiste Selliez, Octobre 2005