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Actualités - 08/06/2011

 

François Scippa-Kohn, Programmation et Distribution, Bellissima Films, Paris

 

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Pourquoi avoir décidé de lancer une société de distribution consacrée exclusivement au cinéma italien ?

Cette volonté est venue de Fabio Conversi, président de la société de production Babe Films qui développe un nombre important de coproductions avec l’Italie. Ces dernières années, seules les productions transalpines primées dans les plus grands festivals avaient une chance de sortir sur les écrans français. Très peu d’œuvres de jeunes réalisateurs, peu de documentaires parvenaient au public français. Bellissima Films est née de ce constat et de l’envie de partager un amour sincère du cinéma italien contemporain. J’ajoute ici que la notion de ligne éditoriale devient de plus en plus floue dans un marché saturé par le nombre de sorties hebdomadaires, alors que les entrées se concentrent souvent sur les deux « gros » films de la semaine. La « marque » Bellissima est simple à identifier, sa ligne éditoriale aussi.

Quel type de salle privilégiez-vous ? Parvenez-vous à faire circuler vos films en profondeur en France ?

En un an nous avons distribué 7 films, tous ont été classés art et essai. Nous privilégions donc le réseau des salles indépendantes avec des dimensions de sortie nationale raisonnées. Cela ne devrait pas changer dans le futur, sauf sorties ponctuelles comme L’amour a ses raisons où les salles de circuit représentent plus de la moitié des salles dans notre plan de sortie.
Nos films circulent longtemps, les films italiens peuvent en effet s’appuyer en France sur un public de base solide et captif. Par ailleurs les semaines italiennes et les festivals sont nombreux et nous sommes en relation permanente avec tous leurs représentants.

On parle souvent d’un renouveau du cinéma italien depuis le début des années 2000...

Je crois que ce renouveau est le signal d’une industrie assainie. De nombreux jeunes réalisateurs font des premiers films en s’affranchissant d’un passé certes glorieux mais qui ne correspond plus depuis longtemps à notre contexte social et culturel. Sorrentino, Garrone, Crialese, Luchetti ou Guadagnino sont des exemples à suivre, chacun avec son style et ses idées. Mais leur premier film est loin, et de nombreux réalisateurs en provenance du court-métrage sont en marche et nous les suivons !

Quel bilan dressez-vous de l’année écoulée depuis la sortie de votre premier titre – La Bocca del lupo – en juin 2010 ? Quels ont été les succès de Bellissima Films ?

La Bocca del Lupo, un vrai coup de cœur, est sorti il y a tout juste un an sur 10 copies en France. Nous cumulons aujourd’hui presque 20.000 entrées et certaines copies tournent encore. Ce film nous a permis de montrer immédiatement nos goûts et notre volonté de distribuer des films de qualité. Nous avons réalisé près de 30.000 entrées avec deux films : Draquila, de Sabina Guzzanti et La Bella Gente, d’Ivano Di Matteo. Ce sont nos deux meilleurs résultats en salle à ce jour.
Si nous devions dresser un premier bilan, nous pourrions dire que notre entrée sur le marché concurrentiel de la distribution est réussie. Les principaux intervenants du secteur nous ont tout de suite identifiés, les scénarios et projets italiens affluent et les exploitants nous font confiance. Nous devons rester prudents et continuer sur cette voie.

Quelles sont vos prochaines sorties ? Quelle stratégie marketing développerez-vous pour lancer ces titres ?

Notre prochaine sortie est un cas particulier dans notre line-up : L’amour a ses raisons (Manuale d’amore 3) est en effet une franchise à succès en Italie. Ce troisième volet, coproduit par Babe Films, associe en trois histoires sur l’amour un casting de renommée internationale : Robert de Niro, Monica Bellucci, Michele Placido, Riccardo Scamarcio, Laura Chiatti… Nous prévoyons une sortie sur une centaine de copies, en VO et VF, en 35mm et numérique. Nous nous appuierons sur un plan marketing assumé : réseau de bandes-annonces et préventifs en salles, affichage parisien, achat et jeu concours sur allociné, venue de Robert de Niro à Paris pour la promotion. Le film sort le 15 juin, nous croisons les doigts.
Nous prévoyons ensuite la sortie de deux titres au mois d’aout :
Una Vita Tranquilla, de Claudio Cupellini, qui raconte  l’histoire d’un homme - interprété par Toni Servillo - ayant fui son rôle de patron de la camorra en s’exilant en Allemagne, jusqu’au jour où deux jeunes napolitains débarquent chez lui…  Sortie prévue le 3 aout sur une quarantaine de copies.
Un tigre parmi les singes, réalisé par Stefano Incerti, un film très fort, recherché et inqualifiable où Toni Servillo (une fois de plus !) joue le rôle d’un comptable d’une prison passionné de jeu, et prêt à tout abandonner pour une jeune femme d’origine chinoise dont il tombe follement amoureux. Naples et son quartier chinois sont filmés comme jamais et nous attendons un fort soutien de la presse. Ce film sortira en France le 31 août sur une quinzaine de copies.

Par Lucas Varone, mai 2011.
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http://www.bellissima-films.com/
Images (de haut en bas):
L'amour a ses raisons
Gorbaciof
Una vita tranquilla
La Bucca del lupo