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Actualités - 13/02/2015

 

European Film Market: entretien avec Matthijs Wouter Knol

 

Matthijs Wouter Knol, nouveau directeur de l’EFM depuis juin 2014, fait le point sur les participants au premier marché international de l’année, qui présente, pour la première fois, des séries télévisées. 

Qu’est-ce qui distingue l’EFM à Berlin du Marché du Film à Cannes ? Le premier est-il plus européen que l'autre ?

L’EFM est relié à un festival qui est plus diversifié et ouvert au public, où il n’y a pas seulement des projections de films mais aussi des plateformes industrielles organisées en parallèle, comme le Berlinale Coproduction Market, le World Cinema Fund ou le Berlinale Talents, dont j’ai été le directeur pendant les 6 dernières années. L’EFM a lieu dans une capitale extrêmement dynamique, notamment dans le secteur des médias et du cinéma. La ville offre beaucoup d’opportunités, des administrations, des infrastructures cinématographiques très pointues et de nombreuses structures de financements.

Naturellement, il y a plus de Français à Cannes et plus d’Allemands à Berlin. Mais ce n’est pas parce que l’EFM a le mot européen dans son nom, qu’il se limite à l’Europe.

Qui participe à l’EFM ?

Nous attendons environ 8 000 participants cette année. Aujourd’hui, à une semaine de l’ouverture de l’EFM, nous avons plus d’accrédités que l’année dernière au même moment (interview réalisée le 28/01/2015). Notre marché accueille en premier lieu des stands de distributeurs et de vendeurs. Il y a beaucoup de producteurs et d’acheteurs, qui viennent de toute l'Europe et du monde entier, ainsi que de nombreux exploitants qui découvrent à l’avance les titres qui vont leur être proposés par les distributeurs pendant l’année. De nombreuses institutions qui subventionnent le cinéma sont également présentes. En fait, toute l’industrie du cinéma se retrouve à l’EFM.

Quelles sont les nationalités dominantes des participants ? Ont-elles beaucoup changé ces dernières années ?

Tout comme sur les autres marchés, il y a beaucoup de participants européens et américains à l’EFM. Le nombre de participants a beaucoup augmenté ces dix dernières années, d’où le déménagement de l’EFM dans le Martin-Gropius-Bau en 2006 puis l’utilisation du Marriott Hotel à partir de 2009. Cette année, il y a une légère hausse du nombre d’exposants mais aussi du nombre de nationalités. On constate que certains participants deviennent à leur tour exposants. Par exemple, la Bulgarie a ouvert un stand cette année dans le Martin-Gropius-Bau et l’Arabic Cinema Center partagera son stand avec un groupe de représentants de différents pays arabes.

Vous lancez cette année les « Drama Series Days ». Est-ce que ces nouvelles initiatives ouvrent le marché à d’autres types de société, à d’autres secteurs ?

Le but de ces initiatives est effectivement d’ouvrir le marché à de nouveaux secteurs, ici les séries. Ainsi, nous allons accueillir plus d’acheteurs, de producteurs de séries et aussi plus d’institutions de soutien aux séries. Les Scandinaves qui venaient déjà beaucoup seront très représentés.

Quelles sont les nationalités de films dominantes sur le marché ?

L’EFM montre entre 750 et 800 films et organise plus de 1 000 séances. Cette année, nous aurons plus de 500 premières.

Les nationalités des films sont très similaires à celles des exposants. Beaucoup de films viennent des Etats-Unis, d’Allemagne, de France et des pays hispanophones. Il y aura beaucoup de films d’Amérique latine et l’Asie sera aussi très présente. 

Quelles nouvelles tendances pouvez-vous observer sur le marché ?

Au-delà de l’analyse du marché, l’EFM essaye d’être source d’informations et de discussions pour l’industrie du cinéma. Je souhaite créer un lieu d’échange, où l’industrie réfléchit à des solutions et où les différents acteurs apprennent les uns des autres.

Pour reprendre l’exemple des « Drama Series Days », les séries sont principalement diffusées sur internet, par le biais de Netflix mais aussi d’autres plateformes. L’EFM ne se concentre donc pas exclusivement sur les salles de cinémas mais couvre aussi ces plateformes alternatives. Nous ne prenons pas position mais nous souhaitons créer un environnement propice au dialogue, où les participants réfléchissent aux nouveaux projets pour 2015. En tant que directeur de l’EFM, il ne s’agit pas seulement d’ouvrir et de fermer les portes du marché mais aussi de réfléchir aux besoins et aux souhaits de nos différents visiteurs et de faire évoluer le marché en fonction.

Pour finir, une question plus personnelle : qu’est-ce que vous aimez dans le film européen ?

J’aime le film européen pour la diversifié des langues et des cultures. Malgré le côté familier, il y a toujours de nouvelles choses à découvrir dans les films européens. J’ai grandi aux Pays-Bas, où les films sont projetés en version originale au cinéma et à la télévision. Ça fait 7 ans que j’habite en Allemagne et il est toujours important pour moi de voir les films en VO.

Christine Westermann, février 2015

EFM2014_OliverMöst

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Crédits photos: Lia Darjes (haut) et Oliver Möst (bas)

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