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Actualités - 08/02/2013

 

Entretien avec Beki Probst, Directrice de l'EFM de Berlin

 

Directrice du marché du film de Berlin depuis 20 ans, Beki Probst est aussi exploitante de salles de cinéma à Berne (cineMovie et cineCamera) et membre du réseau. Elle vient de recevoir le Prix d’Honneur aux 48es Journées de Soleure, pour son engagement en faveur des films helvétiques. Nous nous entretenons avec elle à l’occasion de la 63e Berlinale (7 au 17 février 2013).

Pouvez-vous me parler de votre métier d’exploitante à Bern ?

Notre société d’exploitation Quinnie possède plusieurs cinémas en Suisse, le cineABC, le cine Bubenberg, le Cineclub, le CineCamera et les Cinemovie à Berne. Seuls les cinémas CineCamera (1 écran) et CineMovie (3 écrans) font partie du réseau Europa Cinemas. Ces salles ont une programmation européenne art & essai tandis que les autres proposent des films plus accessibles à un large public.

Mon travail à Berlin m’aide à faire la programmation des salles. Je fréquente d’autres festivals et je suis en contact permanent avec des distributeurs suisses (Filmcoopi, Frenetic, Look now, Pathé..). Nous sommes à l’affût des films récents qui pourront avoir un potentiel dans nos cinémas.

2012 a été une très bonne année en terme de fréquentation, en Suisse, par rapport aux deux années précédentes.

Pouvez-vous me parler de votre public ?

Les habitués de nos salles viennent souvent sans avoir fait le choix du film au préalable. Ils savent qu’ils trouveront leur bonheur dans nos salles.

C’est un public que nous avons réussi à fidéliser grâce à des événements spéciaux, tels que les Lunchkino (avant-premières, à tarif réduit, qui ont lieu à midi). Il est indispensable de « récompenser » notre public en leur proposant de tels événements.

Celui-ci est assez mixte. Les personnes âgées viennent souvent l’après-midi, voir des films plus pointus qui correspondent à leur tranche d’âge (AMOUR de Haneke, BLANCANIEVES de Pablo Berger). Mais nous réussissons à attirer un public plus jeune, par exemple en ce moment avec le film OH BOY.

Nous n’organisons pas directement des séances jeunes public. Ce sont les distributeurs qui s’en occupent. L’année dernière, le distributeur Elite a organisé des séances Jeune Public autour du film suisse DER VERDINGBUG de Markus Imboden. En ce moment, Look now  propose des séances Jeune Public autour du documentaire suisse THORBERG de Dieter Fahrer. Les distributeurs font un travail formidable en faisant venir des personnalités pour les débats.

Vous avez joué un rôle certain dans le développement du European Film Market. Comment le considérez-vous dans son environnement ?

Il s’agit du premier marché de l’année et du troisième marché le plus important au monde. Il se déroule pendant toute la durée du festival. 8000 participants y sont attendus.

Depuis que j’ai commencé à travailler pour le marché du film, en 1988, il a déménagé deux fois car il s’est considérablement agrandi. Aujourd’hui, il a lieu au Martin-Gropius-Bau (MGB), à quelques minutes à pied de la Postdamer Platz, lieu du festival. Il y a une véritable synergie entre le Festival et le marché.

Pour les professionnels de l’industrie cinématographique, le marché du film de Berlin est un rendez-vous à ne pas manquer. Tous les ans, les producteurs, les distributeurs, les vendeurs et les acheteurs s’y rendent. Il y a des discussions importantes sur les films à venir.

Nous ne faisons pas de sélection particulière. Nous donnons la priorité aux longs métrages.Cette année, nous proposons environ 800 films, dont  584 d’entre eux seront des premières en marché.

2013_EFM

Est-ce qu’une place particulière est réservée aux documentaires ?

Depuis 2009, nous nous sommes associés au réseau European Documentary Network. Cette année, les festivals du documentaire IDFA et DOK Leipzig présenteront une sélection de documentaires de leurs festivals.

Quelles évolutions récentes pourriez-vous mettre en avant ?

Grâce à des études de satisfaction réalisées par McKinsey, nous essayons chaque année d’améliorer le fonctionnement du marché. Nous avons remarqué que les festivaliers qui se rendent pour la première fois au festival sont un peu perdus. Cette année, nous organisons une rencontre le premier jour du festival, ouverte à tous, afin d’expliquer aux festivaliers le déroulement de l’événement.

Par ailleurs, il y a de plus en plus de distributeurs qui viennent d’Asie et d’Amérique latine.

www.efm-berlinale.de

©Oliver Möst

Entretien réalisé par Flora Anavi