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Actualités - 11/08/2008

 

5 Questions à Anne Durupty, Directrice générale adjointe du CNC, sur le marché français de la VAD

 



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"Cette évolution doit être un véritable outil au service de la diversité"

Quels sont les types d'opérateurs présents sur le marché de la VAD?

Le développement du numérique et d'Internet en haut débit a permis l'apparition de nouveaux modes d'exploitation des ouvres notamment la vidéo à la demande (VAD) qui compte, dans notre pays, le plus grand nombre de plates-formes d'Europe.
Ainsi, on dénombre, en septembre 2008, 43 plates-formes proposant une offre de VAD en France. Les opérateurs de VAD, qui comprennent à la fois les acteurs traditionnels du secteur mais aussi des nouveaux entrants, peuvent être regroupés en 4 grandes familles :  les chaînes de télévision, les ayants droit indépendants, seuls ou regroupés (MK2 VoD, Universciné, Filmo TV), les acteurs de la vidéo physique et de la distribution de produits culturels (Fnac, Virgin, Glowria), les fournisseurs d'accès à Internet.

Quelle est la place du cinéma dans l'offre actuelle de VAD?

Selon la dernière comptabilisation effectuée fin mai 2008 dans le cadre de l'Observatoire mis en place par le CNC, plus de 3200 films cinématographiques sont disponibles sur les principales plates-formes. En augmentation continue, cette offre s'est étoffée de 411 titres depuis janvier 2008 (+ 14,6 %) et de plus de 1000 titres depuis l'automne 2007. Les films français constituent 46,3% de cette offre.
Les films de catalogue (sortis en salles depuis plus de trois ans) représentent plus de 85% de l'offre de films en VAD. Près du quart des films proposés (23,7%) ont réalisé plus d'un million d'entrées en salles de cinéma.

On peut supposer que ces nouvelles offres permettent de capter un nouveau public, plus jeune. Qu'en est-il?

A ce stade, il est un peu prématuré de répondre à la question du profil des utilisateurs de VAD. Ce que l'on observe, d'après les derniers résultats du baromètre réalisé par l'institut Harris Interactive pour le compte du CNC, c'est que le taux de notoriété de la VAD continue de croître régulièrement. Près de 80% des internautes connaissent la VAD contre 70% en décembre 2007. Il est, en tout cas, fondamental que l'offre légale de films en ligne soit une alternative à la piraterie pour le public jeune.

Comment le CNC envisage-t-il la coexistence de ces supports avec la salle de cinéma ?

La multiplication des écrans est à la fois inéluctable et très positive pour la diffusion de la culture. Il faut se réjouir du développement de ces différents modes d'accès aux images qui sont complémentaires et représentent une vraie chance pour la création, apte à favoriser encore mieux l'exposition des oeuvres françaises et européennes audiovisuelles et cinématographiques. Cette évolution doit être un véritable outil au service de la diversité. C'est pourquoi, il faut, si nous voulons que l'offre légale de films en VAD se développe sereinement et durablement au sein de notre paysage audiovisuel, aménager la chronologie des médias, conformément aux accords de l'Elysée. Cela dit, elle devra évoluer dans le respect de tous. Nous devrons veiller que chaque mode d'exploitation trouve sa place dans une coexistence pacifique ; qu'aucun ne soit pénalisé et notamment la salle de cinéma qui doit conserver son rôle moteur et privilégié pour la diffusion et la notoriété des films. La salle doit rester le lieu de découverte et de valorisation d'un film, c'est la condition pour qu'une ouvre puisse être assurée de s'épanouir ensuite sur les autres vecteurs de diffusion. Sans la salle, il n'y a pas de cinéma.
C'est tout le sens de la chronologie des médias à laquelle nous sommes tous très attachés et qui sera au coeur des discussions que nous allons engager prochainement avec les professionnels sur le sujet.

Comment le CNC répond-il aux éventuelles difficultés rencontrées par des acteurs indépendants pour assurer une diversité de l'offre sur ces nouveaux supports?

L'objectif recherché notamment par le CNC c'est évidemment d'encourager une offre en VAD qui soit la plus diversifiée possible et qui accorde une large place à la production indépendante. C'est dans ce but que le CNC a souhaité, à titre expérimental dans un premier temps, accompagner le développement du marché de la VAD avec des dispositifs de soutien lancés en avril dernier. L'incitation financière que nous mettons en place avec ces appels à projets VAD, vise à favoriser l'exploitation des ouvres européennes et la diversité de l'offre sur les différentes plates-formes - internet et TV sur IP. Pour que les outils de distribution dématérialisée servent la diversité culturelle et l'accès aux oeuvres, il faut que coexistent des « magasins en ligne » capables d'exposer et de mettre en avant, à côté des ouvres les plus « commerciales », des oeuvres plus singulières et aussi des services de VAD particulièrement exigeants en termes éditoriaux.

www.cnc.fr

Entretien réalisé par Internet, Jb Selliez
novembre 2008
Merci à Stéphanie Gavardin

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