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Actualités - 27/05/2011

 

Entretien avec Karl Markovics – Par Andreas Wiseman, Screen International - Son premier film, Atmen (Breathing), a remporté le Label Europa Cinemas à Cannes la semaine dernière.

 

Karl Markovics est un acteur de théâtre et de cinéma autrichien, connu principalement pour son rôle dans Les Faussaires, Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il fait ses débuts de réalisateur avec Atmen (Breathing), l'histoire d'un jeune homme qui tente de se réinsérer dans la société après avoir purgé une peine pour meurtre dans un centre de détention pour mineurs. Ce réalisateur débutant évoque avec Screen sa fascination, enfant, pour la force de l’imagination, et la possibilité qu’il interprète voire dirige un jour une comédie. 

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D'où vous est venue l’inspiration de ce film ?

C’est un processus étrange. J'ai toujours écrit des histoires et des scénarios, mais seulement pour mon plaisir. Je n’ai jamais eu le courage de les dévoiler. Dans le cas présent, le point de départ est très simple : l’idée de la mort et les gens qui travaillent en proximité avec la mort – ceux qui travaillent dans les cimetières ou avec les corps. Puis un jeune homme est apparu dans mon esprit et, comme dans la pièce de Pirandello, Six personnages en quête d’auteur, il a voulu entrer dans l’histoire. J’ai alors dû composer avec lui sans savoir comment faire car il ne correspondait pas avec mon histoire.

Comment s'est passé votre passage de l’interprétation à la réalisation ?

Tout tourne autour de l’imagination et de l’idée de déposer sa propre imagination dans l’esprit d’autrui. J’ai toujours été fasciné par ce processus, surtout lorsque j’étais enfant. Comme vous le savez, tous les enfants inventent et interprètent. C’est ce que j’ai toujours voulu être – quelqu’un qui fait semblant. Pour moi, le plus simple a été de devenir acteur. Mais je savais, au fond de moi, que ça n’était pas suffisant. Je savais qu’un jour j’écrirai ma propre histoire, du début jusqu’à la fin. Ca m’a pris beaucoup de temps mais nous y sommes.

Avez-vous été tenté de vous confier un rôle dans le film ?

Jamais. A aucun moment je n’ai pensé que ce serait une bonne chose de me faire figurer dans le film. 

Comment ce film vous représente-t-il en tant que cinéaste ?

Il traite de la vie et de la mort. Il traite de grands sujets, mais en les plaçant dans un univers quotidien. Ce sont des personnages ordinaires. D’ordinaire ils ne réfléchissent pas au sens de la vie et de la mort, mais, dans cette situation, ils y sont forcés.

Comment voyez-vous la suite des choses ? 

J'ai été en Roumanie pour un film belgo-neerlandais – Suskind, dans lequel j’interprète un personnage dénommé Aus der Fünten. Il s’agit d’un chef de la police SS à Amsterdam, responsable de la déportation et du transport des Juifs vers les camps de concentration. Il est le personnage opposé au personnage central, Walter Suskind. Il se rapproche de lui jusqu’à ce qu'il réalise que ce dernier utilise leurs relations pour sauver des Juifs.

Vous ne faîtes guère de comédies, non ?

Non, c'est vrai. Les comédies font certainement partie des choses les plus difficiles à faire dans ce métier. Il y a peu de comédies car il n’y a pas assez de Billy Wilders dans le monde. Et c'est un travail difficile. Je ne suis pas sûr d’avoir le courage de faire de la comédie, même si je le voudrais.

Allez-vous à nouveau réaliser ? 

Oui, je travaille sur le scénario de mon prochain film. J'ai plus de courage aujourd'hui. Mon premier film a eu un tel parcours que j’espère tourner le second dès 2012. Il sera tourné en Autriche avec la même équipe de production que Atmen, Epo Film. Dans Atmen, j’ai exploré la relation mère-fils. Ce film s’intéressera à la relation père-fils. Mon troisième film, je l’espère, n’aura rien à voir ni avec moi ni avec la famille et pourrait même être une comédie ! 

Merci à Andreas Wiseman, Screen International